mardi, 22 janvier 2008
"Enfin veuve" - 22 Janvier 2008
Enfin veuve : interminable
Janvier est un peu le mois du cinéma français. Avant la sortie du menhir cinématographique que devrait être Astérix aux jeux olympiques, Isabelle Mergault nous propose Enfin veuve, un film présenté comme étant « sans grande prétention », mais avec le désir secret de renouveler l’exploit de Je vous trouve très beau. Et ce n’est pas gagné.
Exactement deux années se sont écoulées depuis la sortie en salles de Je vous trouve très beau, le premier film d’Isabelle Mergault. A l’époque, peu de promotion avait été faite et pourtant, cela n’avait pas empêché ce long métrage de signer la plus belle surprise de l’année 2006 en réunissant pas moins de 3,35 millions de spectateurs. Alors, en 2008, on prend les mêmes et on recommence, cela va d’ailleurs être un véritable problème. Pourtant, le synopsis est vendeur : il raconte l’histoire d’une femme réjouie par la mort de son mari puisqu’elle va enfin pouvoir officialiser la relation extraconjugale qu’elle entretient depuis plusieurs années.
Oui, mais c’était sans compter la famille du défunt qui, dans un élan de générosité, décide de l’entourer pour lui rendre le deuil plus facile. Au final, elle qui se croyait libérée de l’emprise de son mari devient prisonnière de sa belle famille… On vous avait prévenu : ça donne envie. Mais, une fois dans la salle, on regrette vite notre choix car Enfin veuve passe très rapidement du statut de « comédie originale prometteuse » à celui de « comédie comme on en fait dix par an ». Le seul vrai point positif est pour Michèle Laroque qui signe son retour sur grand écran en nous offrant une bonne performance d’actrice.
Enfin terminé !
Ce qui ressort de ce film, c’est un manque cruel d’originalité. Les scènes comiques sont prévisibles, les procédés utilisés ont été faits et refaits : il y a vraiment une impression de déjà vu qui plane continuellement au dessus de l’histoire. Ajoutez à cela une réalisation plate, Isabelle Mergault ayant oublié d’y ajouter sa touche, chose pourtant importante dans ce genre comédie si on veut que son film ait une vraie personnalité et qu’il se démarque des autres. Au final, Enfin veuve pourrait avoir le mérite d’enrichir la langue française d’un nouveau mot : l’interminabilité. Voici sa définition : effet ressenti par une personne lorsqu’elle a l’impression qu’une minute dure une heure. Le film d’Isabelle Mergault étant d’une durée supérieure à une heure et demie, on vous laisse faire le calcul.
LES +
Le retour de Michèle Laroque, convaincante.
L’histoire, mais uniquement sur le papier.
LES -
Déjà vu
Interminable
NOTE
2/5
Article publié sur imedias.biz
20:45 Publié dans Critiques ciné pour Imedias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : enfin veuve, mergault, laroque, imedias
mardi, 07 août 2007
"Motel" - 7 Août 2007
Soldes : horreur à prix cassé
Film américain de type thriller et classé série B, recherche public pas très regardant à la qualité visuelle mais désirant avoir peur à la vue de meurtres sanguinaires. Adolescents acceptés, pas sérieux s’abstenir. Pour plus d’informations, veuillez lire ce qui suit.
Ce qui est bien avec les thrillers à petit budget, c’est que l’on est sûrs d’en avoir pour son argent au niveau de la violence. Communément appelé « snuff movies », ces films ont toujours leur public qui est prêt à faire le déplacement en salle pour frissonner devant des scènes de meurtres toujours plus violents ; pour frémir devant les vingt litres de sang que contient les corps humains (vous avez raison, un corps humain ne contient pas vingt litres de sang mais dans ce genre de film, oui !) et qui se déversent tels les chutes du Niagara sur le sol en parquet usé… En clair, tous les « snuff movies » se ressemblent, et Motel n’échappe pas à cette règle. C’est donc sans grande surprise que le film progresse sous nos yeux et, malgré un début qui a tendance à s’éterniser, "Motel" a ensuite un rythme très soutenu : une fois que l’action est lancée, on ne décroche pas une seule seconde et on se surprend même à rentrer dans le jeu et à sursauter.
Petit budget mais gros effet
On reste quand même loin d’un Premier Prix du film fantastique de Gérardmer mais Motel tient la route. Tout simplement car il sait apporter au public ce qu’il attend. Le manque de budget se ressent, ne serait-ce que dans le générique dont on comprend qu’il y a eu un effort de fait au niveau visuel mais la musique à bas prix réalisée par un compositeur discount trahit l’image et nous plonge directement dans une ambiance de série B. Mais ce n’est pas pour nous déplaire, au contraire, cette ambiance série B nous permet de faire abstraction des défauts au niveau du traitement de l’image et d’un montage parfois trop amateur. A la place, on se concentre sur les personnages, l’ambiance générale et l’histoire ce qui permet de passer un très bon moment, parfois très drôle, certaines scènes étant tellement vide de crédibilité qu’elles nous font rire. Sans être novateur, "Motel" reste un film à voir pour peu que vous soyez fan du genre ou encore pré-pubert. Voire souvent les deux.
LES +
L’ambiance générale
Un bon « snuff movie »
LES -
C’est vrai qu’on aurait apprécié peut-être un peu plus d’originalité...
NOTE
3/5
Critique publiée sur imédias.biz
19:25 Publié dans Critiques ciné pour Imedias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : motel, snuff movies, imedias
lundi, 23 juillet 2007
Les suites au cinéma
De la suite dans les idées 2/3 : mieux vaut tard que jamais ! Quoi que...
A la télévision, la mode de cette saison est de ressortir des placards des concepts qui ont fonctionné il y a plusieurs années : La roue de la fortune, Une famille en or ou encore le loft. Au cinéma, c’est à peu près pareil : les suites, 10 ans après, première !
Cet été, vous ne pourrez pas y échapper : Bruce Willis revient, plus fort que jamais, dans Die Hard 4 – Retour en enfer, 12 ans après le précédent épisode. Mais que se passe t-il dans la tête des producteurs pour se dire, 12 ans après la sortie d’un film, « tiens, si on tournait une suite » ? Certains répondront qu’un vrai héro ne meurt jamais (pourquoi pas…) mais d’autres ne pourront s’empêcher de mettre l’argument financier en avant. Pourtant, à l’inverse des trilogies dont le succès de chaque épisode est quasiment assuré, la rentabilité d’une suite qui sort en salle des années après la sortie du dernier épisode est loin d’être certaine. Le meilleur exemple est celui de Basic Instinct. Le premier film est sorti en 1992, le succès était au rendez-vous. En 2006, Basic Instinct 2 sort dans les salles obscures, avec un scénario plus que léger et une Sharon Stone qui a bien vieilli… Bilan : moins de 500 000 spectateurs ont fait le déplacement en France. Côté vieillissement, Silvester Stalone, alias Rocky Balboa, s’en sort plutôt mal également. Son dernier combat, sorti en Janvier dernier, c'est-à-dire 17 ans après son autre dernier combat, n’attire qu’un peu plus de 1,1 millions de spectateurs. Idem pour la saga Hannibal Lecter puisque le grand public découvre le célèbre cannibale en 1992 dans Le Silence des agneaux mais, malgré le succès d'Hannibal sorti en 2001, la franchise s’effondre avec Dragon rouge en 2002 (1 398 352 spectateurs) et surtout Hannibal Lecter, les origines du mal en 2007 et seulement 631 439 spectateurs. On peut sans doute expliquer cette baisse de popularité par une lassitude du public mais également des histoires toujours plus tirées par les cheveux : et oui, ce n’est pas facile de faire ressusciter un mort tout en restant crédible.
Nostalgie, quand tu nous tiens.
Mais soyons honnêtes, le public reste très friand des suites : nous sommes toujours contents de revoir le(s) héro(s) de notre jeunesse revenir sur grand écran et ces retrouvailles avec nos plus jeunes années méritent bien quelques concessions à propos de la qualité du film que l’on nous propose. Je pense que c’est la seule explication que nous pouvons donner au très grand succès du film Les Bronzés 3, amis pour la vie. Tout le monde est unanime : ce n’est pas très drôle, c’est un peu trop long et pourtant nous avons été 10 344 520 à aller voir le retour de Gigi, Popeye et leurs amis, 20 ans après leurs vacances au ski. Du côté d’Hollywood, on peut être fier de la suite de la trilogie Star Wars puisque George Lucas sort, 16 ans après Le Retour du Jedi, Star Wars, épisode 1 : la Menace Fantôme. Bilan : 7 280 320 spectateurs en France. Même gros succès pour l’épisode 2 (5 504 037 spectateurs) et pour l’épisode 3 (7 210 776 spectateurs). Pour le coup, le succès s’explique d’abord car Star Wars est sans doute la franchise cinématographique qui compte le plus de passionnés et qui a le public le plus fidèle ; puis par l’excellente qualité des films produits par « Lucas Films » mais également car George Lucas a eu la très bonne idée de sortir non pas une suite mais un commencement. Il n’a pas cherché à faire revivre des personnages considérés comme morts dans le dernier épisode de la première trilogie mais il a voulu montrer ce qui se passe avant celle-ci. Donc des scénarios crédibles, des personnages déjà familiers, des effets spéciaux toujours plus impressionnants pour un compte en banque toujours plus rempli.
En clair, il n’y a pas de recette pour garantir le succès d’une suite qui sort plusieurs années après le dernier chapitre, c’est une question de feeling et surtout d’affinité avec le public. Il faut savoir garder les éléments qui ont fait le succès du premier film tout en se renouvelant assez pour attirer un nouveau public, plus jeune. Mais parfois, pour ne pas se planter, il suffit de savoir s’arrêter…
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mercredi, 18 juillet 2007
La sélection DVD de l’été : les meilleurs films dans lesquels il y a du sang, du sadisme, des zombies,…

Quand le sadisme atteint son apogée : La trilogie Saw - James Wan/Darren Lynn Bousman (2005-2007)
2 Soeurs est un film sud-coréen de Kim Jee-Woon qui évoque l’histoire de Su-Mi et Su-Yeon, deux sœurs (c’était facile à deviner !) inséparables, dont l’amour est quasi-fusionnel, mais une personne va venir troubler ce bien-être idyllique : leur belle-mère. Suite à l’irruption d’évènements paranormaux dans la maison (fantômes, oiseaux qui meurent,…), cette dernière prend en grippe Su-Yeon et provoque la colère des deux filles. Ce film est un dépaysement total grâce à l’impression de découvrir un cinéma qui nous est étranger et dans lequel tout est là pour créer une ambiance oppressante et rendre le spectateurs stressé de voir apparaître à n’importe quel moment et de n’importe où la chose qui le fera sursauter. Et malgré cette préparation psychologique, c’est toujours au moment où on relâche son attention que ça arrive… Alors évidemment, on sursaute. Quel talent ces coréens.
Un bon film d’horreur français, c’est rare mais ça arrive : Ils – Xavier Palud (2006)
Basé sur une histoire vraie, Ils met en scène un couple de français expatrié en Roumanie. Tout leur sourit : réussite professionnelle, niveau de vie très correct et un amour solide. Mais un soir, tout bascule : leur grande maison, coupée du monde, est attaquée par quelque chose. Qui sont-ils ? Combien sont-ils ? On ne le sait pas ! La seule chose que nous comprenons très vite est qu’ils veulent tuer les deux français. Mais pourquoi ?
Ils impressionne par son réalisme : nous ne sommes pas face à un couple dont le mari est un surhomme qui ose aller face au danger avec un vase en guise d’arme dévastatrice. Le couple a peur, ils sont tétanisés et ont des réactions normales face à la situation. De ce fait, on s’imagine très vite à leur place, on se sent concerné et on angoisse. Ajoutez à cela quelques scènes frustrantes et une odeur de peur omniprésente et vous avez (enfin !) un sympathique film d’horreur à la française.
Le cauchemar en 7 volumes : La saga Freddy – Wes Craven (et les autres) (1985-2003)
Qu’on ait vu au moins un film ou non, tout le monde connaît Freddy Krueger. L’homme au chapeau, portant un pull à rayures noires et rouges et qui a des lames en guise de doigts. La terreur des petits et des grands qui vient vous éventrer, toujours de haut en bas, durant vos pires cauchemars. Sept longs-métrages, globalement aussi bons les uns que les autres et à la fin desquels on le croit à chaque fois mort. Et pourtant il revient, toujours plus fort pour un ultime combat dans le septième et dernier film de la série : Freddy sort de la nuit. Dirigé par Wes Craven, ce dernier épisode est de loin le meilleur : entre très mauvais rêves et réalité, nous sommes plus d’une fois perdus. Freddy débarque alors dans la vie de ses créateurs (scénaristes, acteurs,…) pour tous les tuer un par un. Le scénario est intelligent et le sang coule a flot : que demander de plus ?
Comment un couteau peut faire de gros dégâts : Scream – Wes Craven (1997)
Nous sommes d’accord : un tueur avec un couteau qui terrorise des jeunes, ça sent le déjà vu. Mais là où John Carpenter, le créateur de Halloween et de Michael Myers, a fondé les bases d’un genre, Wes Craven les modernise et leur donne une deuxième jeunesse avec sa trilogie Scream. Un premier épisode culte pour toute une génération, avec le fameux « quel est ton film d’horreur préféré ? » déclaré blague téléphonique préférée des adolescents en 1997. C’est également dans ce premier opus que l’on apprend que l’intestin grêle humain est assez solide pour attacher une femme à une branche d’arbre… Que du bonheur !
Scream 2 étant décevant, passons directement à Scream 3, où comment Wes Craven conclut sa trilogie de la même façon qu’il a conclu la saga Freddy. En effet, quand Freddy courait après ses créateurs, le tueur au couteau et au célèbre masque s’attaque lui aux comédiens qui tournent le film du massacre de l’épisode un… Ce n’est pas clair ? Alors regardez la trilogie, vous comprendrez mieux et vous ne le regretterez pas.
Londres aux mains des zombies : 28 jours plus tard – Danny Boyle (2003)
Les films de zombies ne font pas forcément l’unanimité : on aime ou on n’aime pas. Mais ce film risque de réconcilier les anti-zombies avec le genre, de par un décor à couper le souffle (Londres en état de siège et dépeuplé : on s’y croirait presque) et une ambiance à vous donner froid dans le dos. C’est dans un Londres post-apocalyptique des suites d’une propagation de rage que Jim, un coursier, sort de 28 jours de coma. Dans ce film, on ressent les peurs, la solitude, les espoirs et les désespoirs des personnages qui ne sont autres qu’un groupe de six survivants, unis et n’ayant comme but que de trouver d’autres êtres humains. Et, bien sûr, de s’en sortir par n’importe quel moyen. Quelques moments de joie, beaucoup de moments de haine et de détresse, un film à voir sans la moindre hésitation.
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dimanche, 17 juin 2007
"Fragile(s)" - 16 Juin 2007
Prozac est fier de vous présenter votre film
Des rires, des pleurs, de nouveau des rires et oh ! Des pleurs… Pas de doute, nous sommes bien dans un film français : une comédie dramatico-romantique où l’humour se mêle à la mélancolie, un film plein de clichés, mais à voir
Pour son deuxième long métrage, Martin Valente a mobilisé plusieurs « bankables » français comme François Berléand, Jean-Pierre Darroussin ou encore Marie Gilain. Mais cela suffit-il pour faire un bon film ? Bien sûr que non, et c’est là que les talents du réalisateur/scénariste de "Fragile(s)" prennent toute leur ampleur. Car il en faut du talent pour être capable d’écrire un scénario aussi compliqué que passionnant, et encore plus pour réussir à le mettre en scène sans que le spectateur ne soit perdu. Ce film, c’est un peu du « ciné-réalité » où l’expression « le monde est petit » est le fil conducteur : six personnages qui n’ont visiblement aucun lien entre eux évoluent sous nos yeux. Ils ont chacun leur famille, leurs amis et leur métier, mais les hasards de la vie vont faire qu’ils vont tous se croiser un jour ou l’autre pour s’aimer, s’aider, voire même se détester.
Une belle leçon de vie
Tous ces personnages si différents ont malgré tout un point commun qu’on découvre dès les premières minutes : quelque chose dans leur vie ne va pas, ils sont unis dans la dépression. L’un connaît un échec dans sa vie professionnelle, l’autre est au chevet d’une femme dans le coma depuis sept mois, une dernière n’arrive pas à se sortir de la drogue qui la tue chaque jour un peu plus. Mais tous continuent de vivre (ou survivre) dans l’espoir de voir le bout du tunnel car chacun sait que quelqu’un ou quelque chose les attend, quelque part… Alors c’est vrai que, dit comme ça, on pourrait croire que ce film va nous mettre le moral à zéro en sortant de la salle. Mais non, car on rit de leur autodérision, de leurs malheurs et de leur maladresse quasi-permanente. Ils ne se laissent pas abattre, et nous non plus.
LES +
Très bon casting
Scénario riche
La mise en scène et le montage
LES -
Quelques longueurs par-ci, par-là…
NOTE
4/5
Critique publiée sur imédias.biz
15:41 Publié dans Critiques ciné pour Imedias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fragiles, fragile, fragile(s), imedias, darroussin, berléand, martins


