jeudi, 02 août 2007
La sélection DVD de l’été : les cultes à revoir, parce que vous les avez forcément déjà vu

Petit cours d’histoire pour commencer. Le cinéma n’a pas été inventé par un individu mais est né de la contribution technique d’une cinquantaine de personnes, dont les plus célèbres sont les Frères Lumière. On date à 1895 la première projection d’un film au public, dans une salle parisienne. Depuis, il s’est écoulé plus de 110 ans. 110 ans de cinéma ça mérite bien de consacrer quelques lignes à 6 films que l’on considère « cultes » à la rédaction d’imédias. En clair, si vous ne devez en voir que 6, ce sont ceux-là.
Celui qui a réinventé le mot « mise en scène » : Requiem for a dream - Darren Aronovsky (2001)
Surestimé, le deuxième film d’Aronovsky ? La polémique fait rage pour savoir si la fable junkie peut accéder au rang de film culte. Pour certains (dont nous à imédias), Aronovsky ne fait que des films cultes, ancrés dans son époque et pourtant intemporels, comme Kubrick savait le faire. "Requiem for a dream" a tout pour y accéder. Une distribution exemplaire (la découverte de Jared Leto et une Ellen Burstyn aussi époustouflante qu’effrayante), un scénario rythmé et prenant (l’écrivain Hubert Selby Jr., à l’origine du livre duquel le film est tiré et co-scénariste, y est sans doute pour beaucoup) et une mise en scène à la limite de l’expérimental, sans jamais franchir la barrière, le Requiem est sans fausse note. Avec ses effets de style inédits et sa photographie exemplaire, Aronovsky a poussé le cinéma dans des tranchées encore inexplorées.Rangeant sans complexe "Transpotting" dans la catégorie « gentil petit film », "Requiem for a dream" est aussi puissant que la drogue dont il parle. Et l’accoutumance vient vite.
Une critique toute en douceur du modèle américain : Forrest Gump – Robert Zemeckis (1994)
Tout le monde aime Forrest Gump, cet Américain un peu simple d’esprit, aussi courageux qu’attachant. Aux commandes de ce film, un habitué des longs-métrages à succès : Robert Zemeckis ("Retour vers le futur" et, plus récemment, "Seul au Monde"). Dans son film, Zemeckis se permet ce que peu de réalisateurs ont vraiment réussi, à savoir une critique des USA des années 60 aux années 80. Pourquoi l’a-t-il réussi ? Tout simplement car il l’a fait avec tact, délicatesse, il a su émouvoir tout en marquant les esprits et en dénonçant, tout particulièrement à propos de tout ce qui touche la participation de l’armée américaine dans la guerre du Viêtnam. Et puis "Forrest Gump" c’est aussi une belle leçon sur le « comment profiter au maximum de la vie malgré le handicap ? ». A voir et à revoir.
Le violemment culte : Orange mécanique – Stanley Kubrick (1972)
Une série sur les films culte se devait de comporter un Kubrick. Tous ses films étant culte, notre présélection se portait sur "2001" – "Shining" – "Orange mécanique". Après un vote totalement subjectif, "Orange mécanique", pour sa violence symbolique sans doute plus forte que celle qu’on voit sur l’écran, a remporté le droit d’être cité ici. Car que dire de ce film monument, aujourd’hui futuro-kitsh et pourtant toujours aussi inquiétant ? Car déjà, Kubrick nous parlait du conditionnement de l’homme par la société, de l’esprit de meute et signait son manifeste des libertés. Si les séries d’actes violents commis en Angleterre, prenant exemple sur Alex, son héros sans foi ni loi, ont entaché sa réputation, ils n’ont pas égratigné sa force. Une sublimation de la musique classique comme peu de réalisateurs savent le faire, un traité philosophique résumé sur pellicule et une utilisation peu commune de la violence font de "Orange mécanique", si ce n’est le plus subversif des Kubrick, au moins le plus déconcertant.
Le côté obscur du cinéma : La saga Star Wars – Georges Lucas (1977-2005)
C’est à peu près certain que si un sondage était fait sur l’ensemble de la population, la saga intergalactique Star Wars arriverait certainement en tête des films les plus cultes de l’histoire du cinéma (surtout quand on sait qu’il y a 302 millions d’habitants aux USA). George Lucas, l’heureux réalisateur et producteur, a créé une véritable communauté de fans fidèles sur qui il peut compter pour chaque sortie d’un film touchant de près ou de loin à la saga. Un succès qui n’était pas forcément évident puisqu’en 1977 la science fiction n’avait qu’une petite place dans l’industrie du cinéma. Mais, très vite, "La guerre des étoiles, épisode IV – Un nouvel espoir" séduit par sa qualité technique, avec des images et des effets spéciaux innovants pour l’époque. Ajoutez à cela des personnages rapidement devenus emblématiques (Dark Vador, Luke Skywalker, Yoda, Han Solo, …) et vous avez la recette de la double trilogie de tous les succès.
Le film pour lequel le mot « culte » a été inventé : Pulp Fiction – Quentin Tarantino (1994)
Peut-on faire un film pop et gagner une Palme d’Or à Cannes. On en doute à voir les récents Palmarès, Tarantino l’a pourtant fait haut la main en 1994. Et pourtant. Avec un viol interracial homosexuel dans une cave, une overdose tellement fun qu’elle évite tout voyeurisme, Samuel L. Jackson qui cite la Bible en criblant ses ennemis de balles et des cadavres dans les coffres, il partait mal. Car que contient "Pulp Fiction", en dehors de dialogues comme seul l’ami Quentin sait en faire, un scénario en spirale qui imprime son style (Jacky Brown n’est pas loin) et un John Travolta pas encore has-been ? Réponse : des références pour toute une génération. Une bande originale qu’on se passe en boucle et qu’on remix maintenant en discothèque. Une mystérieuse mallette dans laquelle on ne saura jamais ce qu’il y a. Un petit pas de danse que des ados (qui n’ont peut-être même pas vu le film) font en club sans avoir idée du sacrilège qu’ils commettent. Un énorme flingue pointé en gros plan sur la caméra et repris dans tous les films du genre. Du culte, du culte vous dis-je.
A Pretty Woman for a wonderful movie : "Pretty Woman" – Garry Marshall (1990)
Au moment d’écrire ces lignes, on se demande encore si c’est le film ou la musique du film qui a fait le succès de "Pretty Woman". Mais peu importe, cela reste la comédie romantique par excellence. Un duo de charme et de… charme (Julia Roberts & Richard Gere), un synopsis efficace (une prostituée qui se prend d’affection pour un riche homme d’affaire que tout oppose, et vice-versa) et une mise en scène quasi-parfaite de Garry Marshall qui signe, en même temps, son seul véritable succès sur grand écran. mais quel succès ! Le film génère plus de 463 millions de dollars à travers le monde, de quoi le conforter dans son siège de film culte que l’on ne se lasse jamais de revoir.
Celui qui a réinventé le mot « mise en scène » : Requiem for a dream - Darren Aronovsky (2001)
Surestimé, le deuxième film d’Aronovsky ? La polémique fait rage pour savoir si la fable junkie peut accéder au rang de film culte. Pour certains (dont nous à imédias), Aronovsky ne fait que des films cultes, ancrés dans son époque et pourtant intemporels, comme Kubrick savait le faire. "Requiem for a dream" a tout pour y accéder. Une distribution exemplaire (la découverte de Jared Leto et une Ellen Burstyn aussi époustouflante qu’effrayante), un scénario rythmé et prenant (l’écrivain Hubert Selby Jr., à l’origine du livre duquel le film est tiré et co-scénariste, y est sans doute pour beaucoup) et une mise en scène à la limite de l’expérimental, sans jamais franchir la barrière, le Requiem est sans fausse note. Avec ses effets de style inédits et sa photographie exemplaire, Aronovsky a poussé le cinéma dans des tranchées encore inexplorées.Rangeant sans complexe "Transpotting" dans la catégorie « gentil petit film », "Requiem for a dream" est aussi puissant que la drogue dont il parle. Et l’accoutumance vient vite.
Une critique toute en douceur du modèle américain : Forrest Gump – Robert Zemeckis (1994)
Tout le monde aime Forrest Gump, cet Américain un peu simple d’esprit, aussi courageux qu’attachant. Aux commandes de ce film, un habitué des longs-métrages à succès : Robert Zemeckis ("Retour vers le futur" et, plus récemment, "Seul au Monde"). Dans son film, Zemeckis se permet ce que peu de réalisateurs ont vraiment réussi, à savoir une critique des USA des années 60 aux années 80. Pourquoi l’a-t-il réussi ? Tout simplement car il l’a fait avec tact, délicatesse, il a su émouvoir tout en marquant les esprits et en dénonçant, tout particulièrement à propos de tout ce qui touche la participation de l’armée américaine dans la guerre du Viêtnam. Et puis "Forrest Gump" c’est aussi une belle leçon sur le « comment profiter au maximum de la vie malgré le handicap ? ». A voir et à revoir.
Le violemment culte : Orange mécanique – Stanley Kubrick (1972)
Une série sur les films culte se devait de comporter un Kubrick. Tous ses films étant culte, notre présélection se portait sur "2001" – "Shining" – "Orange mécanique". Après un vote totalement subjectif, "Orange mécanique", pour sa violence symbolique sans doute plus forte que celle qu’on voit sur l’écran, a remporté le droit d’être cité ici. Car que dire de ce film monument, aujourd’hui futuro-kitsh et pourtant toujours aussi inquiétant ? Car déjà, Kubrick nous parlait du conditionnement de l’homme par la société, de l’esprit de meute et signait son manifeste des libertés. Si les séries d’actes violents commis en Angleterre, prenant exemple sur Alex, son héros sans foi ni loi, ont entaché sa réputation, ils n’ont pas égratigné sa force. Une sublimation de la musique classique comme peu de réalisateurs savent le faire, un traité philosophique résumé sur pellicule et une utilisation peu commune de la violence font de "Orange mécanique", si ce n’est le plus subversif des Kubrick, au moins le plus déconcertant.
Le côté obscur du cinéma : La saga Star Wars – Georges Lucas (1977-2005)
C’est à peu près certain que si un sondage était fait sur l’ensemble de la population, la saga intergalactique Star Wars arriverait certainement en tête des films les plus cultes de l’histoire du cinéma (surtout quand on sait qu’il y a 302 millions d’habitants aux USA). George Lucas, l’heureux réalisateur et producteur, a créé une véritable communauté de fans fidèles sur qui il peut compter pour chaque sortie d’un film touchant de près ou de loin à la saga. Un succès qui n’était pas forcément évident puisqu’en 1977 la science fiction n’avait qu’une petite place dans l’industrie du cinéma. Mais, très vite, "La guerre des étoiles, épisode IV – Un nouvel espoir" séduit par sa qualité technique, avec des images et des effets spéciaux innovants pour l’époque. Ajoutez à cela des personnages rapidement devenus emblématiques (Dark Vador, Luke Skywalker, Yoda, Han Solo, …) et vous avez la recette de la double trilogie de tous les succès.
Le film pour lequel le mot « culte » a été inventé : Pulp Fiction – Quentin Tarantino (1994)
Peut-on faire un film pop et gagner une Palme d’Or à Cannes. On en doute à voir les récents Palmarès, Tarantino l’a pourtant fait haut la main en 1994. Et pourtant. Avec un viol interracial homosexuel dans une cave, une overdose tellement fun qu’elle évite tout voyeurisme, Samuel L. Jackson qui cite la Bible en criblant ses ennemis de balles et des cadavres dans les coffres, il partait mal. Car que contient "Pulp Fiction", en dehors de dialogues comme seul l’ami Quentin sait en faire, un scénario en spirale qui imprime son style (Jacky Brown n’est pas loin) et un John Travolta pas encore has-been ? Réponse : des références pour toute une génération. Une bande originale qu’on se passe en boucle et qu’on remix maintenant en discothèque. Une mystérieuse mallette dans laquelle on ne saura jamais ce qu’il y a. Un petit pas de danse que des ados (qui n’ont peut-être même pas vu le film) font en club sans avoir idée du sacrilège qu’ils commettent. Un énorme flingue pointé en gros plan sur la caméra et repris dans tous les films du genre. Du culte, du culte vous dis-je.
A Pretty Woman for a wonderful movie : "Pretty Woman" – Garry Marshall (1990)
Au moment d’écrire ces lignes, on se demande encore si c’est le film ou la musique du film qui a fait le succès de "Pretty Woman". Mais peu importe, cela reste la comédie romantique par excellence. Un duo de charme et de… charme (Julia Roberts & Richard Gere), un synopsis efficace (une prostituée qui se prend d’affection pour un riche homme d’affaire que tout oppose, et vice-versa) et une mise en scène quasi-parfaite de Garry Marshall qui signe, en même temps, son seul véritable succès sur grand écran. mais quel succès ! Le film génère plus de 463 millions de dollars à travers le monde, de quoi le conforter dans son siège de film culte que l’on ne se lasse jamais de revoir.
Article co-écrit avec Mathias Chaillot
Article publié sur imedias.biz
01:25 Publié dans Articles pour Imedias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pulp fiction, star wars, pretty woman, forrest gump, requiem for a dream, orange mécanique



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