lundi, 23 juillet 2007

Les suites au cinéma

d83e51171e741031fe0d2e568510bb7f.jpgDe la suite dans les idées 2/3 : mieux vaut tard que jamais ! Quoi que...

A la télévision, la mode de cette saison est de ressortir des placards des concepts qui ont fonctionné il y a plusieurs années : La roue de la fortune, Une famille en or ou encore le loft. Au cinéma, c’est à peu près pareil : les suites, 10 ans après, première !

Cet été, vous ne pourrez pas y échapper : Bruce Willis revient, plus fort que jamais, dans Die Hard 4 – Retour en enfer, 12 ans après le précédent épisode. Mais que se passe t-il dans la tête des producteurs pour se dire, 12 ans après la sortie d’un film, «  tiens, si on tournait une suite  » ? Certains répondront qu’un vrai héro ne meurt jamais (pourquoi pas…) mais d’autres ne pourront s’empêcher de mettre l’argument financier en avant. Pourtant, à l’inverse des trilogies dont le succès de chaque épisode est quasiment assuré, la rentabilité d’une suite qui sort en salle des années après la sortie du dernier épisode est loin d’être certaine. Le meilleur exemple est celui de Basic Instinct. Le premier film est sorti en 1992, le succès était au rendez-vous. En 2006, Basic Instinct 2 sort dans les salles obscures, avec un scénario plus que léger et une Sharon Stone qui a bien vieilli… Bilan : moins de 500 000 spectateurs ont fait le déplacement en France. Côté vieillissement, Silvester Stalone, alias Rocky Balboa, s’en sort plutôt mal également. Son dernier combat, sorti en Janvier dernier, c'est-à-dire 17 ans après son autre dernier combat, n’attire qu’un peu plus de 1,1 millions de spectateurs. Idem pour la saga Hannibal Lecter puisque le grand public découvre le célèbre cannibale en 1992 dans Le Silence des agneaux mais, malgré le succès d'Hannibal sorti en 2001, la franchise s’effondre avec Dragon rouge en 2002 (1 398 352 spectateurs) et surtout Hannibal Lecter, les origines du mal en 2007 et seulement 631 439 spectateurs. On peut sans doute expliquer cette baisse de popularité par une lassitude du public mais également des histoires toujours plus tirées par les cheveux : et oui, ce n’est pas facile de faire ressusciter un mort tout en restant crédible.

Nostalgie, quand tu nous tiens.

Mais soyons honnêtes, le public reste très friand des suites : nous sommes toujours contents de revoir le(s) héro(s) de notre jeunesse revenir sur grand écran et ces retrouvailles avec nos plus jeunes années méritent bien quelques concessions à propos de la qualité du film que l’on nous propose. Je pense que c’est la seule explication que nous pouvons donner au très grand succès du film Les Bronzés 3, amis pour la vie. Tout le monde est unanime : ce n’est pas très drôle, c’est un peu trop long et pourtant nous avons été 10 344 520 à aller voir le retour de Gigi, Popeye et leurs amis, 20 ans après leurs vacances au ski. Du côté d’Hollywood, on peut être fier de la suite de la trilogie Star Wars puisque George Lucas sort, 16 ans après Le Retour du Jedi, Star Wars, épisode 1 : la Menace Fantôme. Bilan : 7 280 320 spectateurs en France. Même gros succès pour l’épisode 2 (5 504 037 spectateurs) et pour l’épisode 3 (7 210 776 spectateurs). Pour le coup, le succès s’explique d’abord car Star Wars est sans doute la franchise cinématographique qui compte le plus de passionnés et qui a le public le plus fidèle ; puis par l’excellente qualité des films produits par «  Lucas Films  » mais également car George Lucas a eu la très bonne idée de sortir non pas une suite mais un commencement. Il n’a pas cherché à faire revivre des personnages considérés comme morts dans le dernier épisode de la première trilogie mais il a voulu montrer ce qui se passe avant celle-ci. Donc des scénarios crédibles, des personnages déjà familiers, des effets spéciaux toujours plus impressionnants pour un compte en banque toujours plus rempli.
En clair, il n’y a pas de recette pour garantir le succès d’une suite qui sort plusieurs années après le dernier chapitre, c’est une question de feeling et surtout d’affinité avec le public. Il faut savoir garder les éléments qui ont fait le succès du premier film tout en se renouvelant assez pour attirer un nouveau public, plus jeune. Mais parfois, pour ne pas se planter, il suffit de savoir s’arrêter…

Article publié sur imedias.biz 

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